vendredi, mai 19, 2017

Le rêveur

"Aujourd'hui comme hier
où que ce soit dans le monde     et même dans le monde des jeunes
tout ne finit pas nécessairement dans le spectacle et dans le bruit
Qu'on ferme les salons     qu'on éteigne les lustres
La fête continue dans le cœur du petit Mozart ..."
        H. Ghéon. 

C'est beau comme du Prévert, dont le cancre au fond de la classe "dessinait le visage du bonheur". Tout ceci n'appartient-il pas à un monde suranné car être décrit comme un doux rêveur ne pose plus guère son homme. A quand remonte notre dernier moment de solitude silencieuse, déconnecté des réseaux et de la pression du courrier électronique? La fête intime est devenue une fête partagée en permanence, dont la privation même brève insécurise: le silence des sons et des mots écrits effraie. L'oubli de notre smartphone à une réunion nous fait traverser la ville le jour même. "Qu'on ferme les salons     qu'on éteigne les lustres" a pris une signification délicieusement obsolète.


Lu dans:
Frédéric Debuyst. A la recherche de la simplicité. Publications de Saint André. Les Cahiers de Clerlande n° 13. 2015. 141 pages . Extrait p. 17
H. Ghéon. Promenade avec Mozart. p. 29.

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