samedi, mai 20, 2017

Et puis tout est fini


"Samedi 25 août 1888    17 h 20
est le nom d'une photo de deux vieilles femmes dans un jardin,
à côté d'une maison blanche.
Une des femmes est assise sur une chaise
avec un chien sur les genoux.
L'autre femme regarde des fleurs.
Peut-être ces femmes sont-elles heureuses
mais ensuite on est samedi 25 août 1888     17 h 21
et tout est fini. "
        Richard Brautigan

Un ami-patient meurt, rassasié d'années, entre sa femme et ses enfants. Arrivé une demi-heure plus tôt, j'espère l'avoir aidé à franchir la frontière dans la sérénité. Mystère du passage: un homme, dont la vie se lit sur le visage et sur les photos des murs de la chambre, un dernier souffle, une attente et puis une à une les photos qui s'éteignent. Plus d'homme. Une dernière étreinte, un dernier baiser à l'enveloppe tant aimée, et dont l'essentiel désormais habite en nous. J'apprends qu'une de ses petites-filles est enceinte d'une semaine. Une photo apparaît au mur. 


Texte original.
Saturday, August 25, 1888.5:20 P.M.
is the name of a photograph of two
old women in a front yard, beside
a white house. One of the women is
sitting in a chair with a dog in her
lap. The other woman is looking at
sorne flowers. Perhaps the women are
happy, but then it is Saturday, August
25, 1888. 5:21 P.M., and aIl over.


Lu dans:
Richard Brautigan. Il pleut en amour. 1997.  Journal japonais. 2003. Le Castor astral. Collections Points 2003. 400 pages. Extrait p. 93

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